mercredi 2 mars 2016

Dimanche 27 octobre 1985 : Chaume du Rouge-Gazon - Sewen.

Le matin, je pars en voiture à Sewen (vallée de Masevaux). Puis je rejoins en stop Rimbach-près-Masevaux.
A partir de 12h30, je monte depuis Rimbach et grimpe jusqu'à la chaume du Rouge-Gazon.

A partir de la chaume du Rouge-Gazon, je marche seul sur le GR 531 qui s’éloigne de la ligne de crête et s'engage dans un seuil rocheux, traverse une forêt mixte de hêtres et d'érables. Le GR atteint le col des Perches, important carrefour de sentiers surplombant le lac du même nom. Il y croise pour la dernière fois le GR 5.
Le sentier descend en forte pente dans un pierrier chaotique, jusqu'à un site encaissé mais empli des couleurs d'automne et du vert des sapins : le lac des Perches, imprégné de légendes.
D'origine glaciaire, il a été rehaussé au XVIe siècle pour alimenter des forges puis plus tard des usines textiles. 
Le GR grimpe ensuite en quelques lacets au rocher d'escalade du Krappenfels puis remonte jusqu'aux pâturages de la Moyenne-Berse. Il s'engage sous une forêt de pins puis s'enfonce en de nombreux lacets à travers myrtilles et bruyères encore en fleurs. Il arrive au fond de la cuvette qui enserre les deux lacs de Neuweiher, d'origine glaciaire eux aussi, mais aujourd'hui barrés de digues. Il traverse le verrou rocheux qui sépare les lacs puis grimpe dans les rochers.
Par un sentier d'abord en lacets puis sur un replat, j'atteins des pâturages, passe devant la ferme-auberge du Gresson-Moyen puis gravis une croupe herbeuse jusqu'au col du Gresson-Haut. Ensuite, à travers gazons et bois, je descends jusqu'au fond du vallon d'Isenbach. Suivant la rive droite du ruisseau, je continue jusqu'à proximité du lac d'Alfeld.

Le jour baisse. Le GR quitte sa direction générale nord-sud pour se diriger maintenant vers l'est.
Je traverse un torrent et poursuis le long de la rive gauche du Seebach entre des cascatelles et des verrous glaciaires, pour longer le haut de falaises bordant des gorges profondes. Le chemin s'affaisse et arrive alors dans une zone palustre, au bord du lac de Sewen, alimenté par le Seebach. C'est le seul lac resté complètement naturel des Vosges alsaciennes.
La nuit tombe sur le lac ; de la brume s'élève dans la vallée. Le clocher de l'église émerge dans l'horizon rougi, entre les aulnes et les bourdaines de la tourbière. Je passe à côté d'un oratoire de 1875, longe le lac puis emprunte un petit sentier qui pénètre à travers prés et jardins au centre de Sewen (vallée de la Doller).

Il est 17h45 lorsque je retrouve la voiture.

*****

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire