mercredi 2 mars 2016

Dimanche 6 octobre 1985 : Col de Bramont - col de Bussang.

Je laisse la voiture au col de Bussang et rejoins en auto-stop le col de Bramont.

A 12h30, je commence à marcher seul au départ du col de Bramont.
Belle journée d'automne ensoleillée, sur les crêtes boisées entre Alsace et Lorraine.
Ces parties hautes du massif vosgien sont formées de roches anciennes comme le granite, le gneiss et les roches sédimentaires du primaire. Ce sont elles qui ont le mieux conservé les formes alpestres du relief glaciaire.
Le chemin monte de suite puis s'atténue vers le côté alsacien, s'élève dans les fougères, traverse un éboulis et remonte en biais des pentes très raides jusqu'à la crête sommitale.
Je descends vers le col de Pourri-Faing. C'est une tourbière d'altitude, milieu très fragile qui se traverse par un ponceau en bois de 65 m de longueur conçu par le Club Vosgien pour protéger la végétation.
Le sentier continue dans la même direction, sur le versant lorrain, jusqu'au col du Bockloch. Repassant sur le versant alsacien, il longe une tourbière et s'élève jusqu'à une plate-forme d'où l'on découvre la grande crête des Vosges, à l'est. Je grimpe sur les pentes orientales du Bocklochkopf par un sentier en paliers sauvage et pittoresque, et je rejoins la ligne de crête : murets de pierres sèches et fossés.
Je débouche sur les chaumes et atteins le sommet du Grand Ventron (1204 m). Je poursuis sur la crête au milieu des prairies ; je monte successivement au Petit Ventron puis à la Tête du Chat Sauvage. Je dévale les pentes sud vers la clairière des Winterges : abri avec cheminées, bancs et tables. La fatigue se fait sentir.

Il me faut alors grimper jusqu'au Haut de Felsach (1161 m), sur une chaume, dans une nature grandiose. Le GR descend ensuite le long des bornes de l'ancienne frontière sous des hêtres centenaires. Il rejoint par une série de lacets le col d'Oderen, passage routier entre Ventron et Kruth. Je m'engage en face. Le soleil couchant est encore chaud. Je regrette de n'avoir pas pris mon short. La montée devient rude, par paliers. Je débouche sur la cime de la Tête de Fellering (1222 m) : sorbiers et alisiers y ont élu domicile.
Après avoir profité d'un panorama au soleil couchant, je continue vers le sud, attaque les pentes du Petit Drumont entre chaumes et forêts. Passée la ferme-auberge du Drumont, je descends à travers les pâturages le sentier des Russiers vers la forêt, après une erreur de direction.

Le ciel est rouge. La nuit tombe. Je traverse une futaie et quelques bois sombres ; je rejoins une route puis, par une sente herbeuse en lacets, je dévale à 18h30, après 6h de marche, vers le col de Bussang, important passage routier entre Alsace et Lorraine, à 400 mètres de la source de la Moselle.

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