mercredi 2 mars 2016

Avertissement

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Pour cela, les dates d'édition ont été modifiées, les articles plus anciens devenant les premiers à la lecture. Ce qui fait que la mention de bas de page "articles plus anciens" renvoie en fait aux articles plus récents, de même pour les archives du blog dans la barre latérale droite.


Introduction générale de Jean-Marie Mengin



Hormis le GR 5 (Mer du Nord – Méditerranée), le GR 7 (Vosges – Pyrénées) et brièvement le GR 59 (Vosges-Jura), le massif vosgien est parcouru du nord au sud par d’autres GR, créés par le Club Vosgien :
-          le GR 53 (partie nord du sentier au rectangle rouge)
-          le GR 531 (sentier au rectangle bleu)
-          le GR 532 (sentier au rectangle jaune)
-          le GR 533 (sentier au rectangle vert).

 Ce sont ces quatre GR que je vous propose de découvrir, ainsi qu’un autre sentier personnel, mon Parcours nord-sud des Vosges, que j’ai prospecté de 1989 à 1992, non balisé et non reconnu.




GR 53

GR 53

Sentier des Vosges du Nord

(Wissembourg - Schirmeck)

-167 km-



Le GR 53 est le tronçon nord du sentier au rectangle rouge, parcours nord-sud du massif vosgien. Créé en 1897 par le Club Vosgien, ce parcours, précurseur des sentiers de grande randonnée, reliait Wissembourg à Masevaux.
Lors de la création du GR 5, le tronçon Wissembourg - Saverne a été homologué GR 53 en 1950. En 1954, il a été prolongé jusqu'au col de l'Engin, où il rencontre le GR 5 en provenance d'Abreschviller. Il suit avec lui un parcours commun jusqu'à Schirmeck.
  
Le GR 53 parcourt les Vosges du Nord et les Vosges moyennes, en grande partie dans le parc naturel régional des Vosges du Nord.

Je l'ai parcouru, hormis la première journée en 1977, en compagnie de Viviane, de novembre 1980 à février 1982, alternativement (au départ de Saverne) vers le nord ou vers le sud. 

        

GR 53. Première partie

Première partie
vers le sud


Saverne - Schirmeck


Dimanche 24 juillet 1977 : Saverne - auberge du Nideck.

A 7h30, départ de Saverne (département du Bas-Rhin) avec mon beau-frère Jacky sur le GR 53. Nous allons parcourir pour la journée les Vosges moyennes gréseuses.
Le socle du massif, formé de gneiss et de granite, disparaît sous le grès de l'ère secondaire.
Nous pénétrons dans la forêt et grimpons un sentier sous les résineux et les feuillus qui nous mène au château du Haut-Barr (457 m).
Château du XIIe siècle, il est construit sur trois énormes rochers hauts de 30 mètres, accessibles de la cour par des escaliers, reliés entre eux par le « pont du Diable ».
Nous parcourons ce château où, du haut des rochers, nous avons une vue panoramique remarquable. Nous nous engageons ensuite vers la tour du télégraphe Chappe, une des 46 stations du télégraphe installé en 1798 qui reliait Paris à Strasbourg. Nous pénétrons dans la tour, que l’on peut visiter.
Nous nous dirigeons maintenant vers les ruines du Grand et du Petit Geroldseck. Nous atteignons le carrefour de la Table des Sorcières, montons vers le Brotschberg, tour-belvédère construite en 1897 par le Club Vosgien. On passe à la grotte du Brotsch puis à la maison forestière Schaeferplatz. Arrivés à un carrefour de routes forestières, on découvre un hêtre de 350 ans et de 6 mètres de circonférence.
On atteint la M.F.(maison forestière) Haberacker, un lieu qui ne m’est pas inconnu : lors d'un raid lorsque j'étais à l'armée, en décembre 1970, nous y avions passé une nuit, dans le foin.
Contournant le Geissfels, Jacky et moi arrivons au hameau de La Hardt (département de Moselle). Nous descendons dans une vallée et remontons à travers des pâturages jusqu'à La Hoube, station touristique.
On traverse deux vallons  et on rejoint le rocher de Dabo (536 m à la base), surplombé par la chapelle St Léon (647 m). Vaisseau fantôme sorti de la nuit des temps, semblant échoué à marée basse, il rappelle l'arche de Noé bloquée sur le mont Ararat. Ce promontoire rocheux a attiré les hommes depuis l'aube de la vie. Si les Gallo-romains et les Celtes avaient élu domicile en ce lieu, l'homme de la préhistoire avait déjà occupé le site.
Dabo est le village le plus élevé du département de Moselle.
Nous pénétrons à nouveau en forêt et nous arrêtons pour pique-niquer à proximité, sur un agréable tapis de mousse épaisse et très verte qui donne envie de s'allonger.

Dans l'après-midi, nous passons à la croix du Loup puis au col de la Schleif et atteignons la M.F. Rosskopf. Traversant le ruisseau de la Mossig, nous pénétrons à nouveau dans le Bas-Rhin.
L'itinéraire nous conduit par un sentier à flanc de montagne aux limites d'une vaste clairière, au-dessus de la commune de Wangenbourg-Engenthal que nous allons maintenant longer pendant plusieurs kilomètres. La fatigue commence à se faire sentir.
Il nous faut encore gravir les flancs du Schneeberg par un chemin forestier. Nous atteignons un col et grimpons au sommet. Le rocher du Schneeberg (961 m) est le plus haut sommet de la région. Emergeant de la forêt au milieu de belles pelouses, ce rocher est un haut lieu druidique et tellurique, source de légende locale, connu pour ses sabbats de sorcières… Le rocher sommital est une pierre tremblante...qui ne bouge plus !
Il nous reste à descendre sur l'autre versant pour rejoindre la M.F. du Nideck. Par un beau chemin sous les sapins, le GR descend vers les châteaux du Nideck, ruines du XIIIe siècle sur un rocher escarpé dominant de profondes forêts. Le sentier continue en lacets serrés jusqu'au pied de la cascade éponyme qui, d’une hauteur de 25 mètres, se jette du haut d’une muraille de porphyre. On atteint peu après l'auberge du Nideck, dans la vallée de la Hasel.

Nous y arrivons, complètement fourbus, à 17h30, après 40 km de marche. Nous nous arrêtons sur la terrasse pour nous désaltérer. Nous téléphonons au beau-père, à Phalsbourg, pour qu'il vienne nous rechercher en voiture. Il arrivera une heure plus tard, furieux. Il avait en effet prédit que nous ne dépasserions pas une quinzaine de kilomètres avant de faire appel à lui !

*****

Mardi 11 novembre 1980 : Auberge du Nideck - Baraque Carrée.

Plus de trois ans après.
C'est un jour férié : retour sur le GR 53 avec Viviane, Jacky et Lucien.
Trajet avec deux voitures : nous en laissons une à la Baraque Carrée, l'autre à l'auberge du Nideck.

Viviane, Jacky, Lucien et moi commençons à marcher à 9h15, au départ de l'auberge du Nideck.
Au bout de 500 mètres, nous traversons la Hasel que nous allons longer jusqu'à Oberhaslach. La végétation d'automne est blanchie par le givre resplendissant sous le soleil. On entend au loin la fanfare des anciens combattants devant le monument aux morts.
Le GR traverse Oberhaslach puis suit un chemin qui mène en 45 minutes à Urmatt, dans la vallée de la Bruche. A partir de là, il s'oriente dans une direction générale ouest et nous mène dans la vallée du Eimerbaechel où il rejoint la maison forestière Kappelbronn. Nous mangeons en cours de route un repas sorti du sac.
Nous montons alors en zigzag en un fort dénivelé jusqu'à la Porte de Pierre (858 m).C'est une roche de grès rose, curieusement excavée, torturée par l'érosion, offrant l'aspect d'une porte triomphale à trois piliers coiffés d'un imposant linteau. Au pied du rocher, une cupule creusée par les intempéries ou par l'Homme fait penser aux vestiges d'un culte. Oeuvre de la nature, ce monument a dû largement influer sur l'esprit des peuples celtes des Vosges...

Par un chemin forestier le long d'un petit muret en pierres sèches, nous atteignons en trente minutes le Rocher de Mutzig (1010 m). C'est le plus haut sommet des Vosges sur la rive gauche de la Bruche. C'est aussi le point culminant du GR 53. La vue plane jusque vers le Champ du Feu ou le plateau lorrain.
Nous descendons vers le col du Narion où se rejoignent de nombreux chemins. Nous longeons le balcon du Narion et du Noll, atteignons la limite départementale entre le Bas-Rhin et la Moselle. Nous descendons alors par un sentier étroit taillé dans les rochers vers la Baraque Carrée, large carrefour de chemins forestiers occupé par un abri en bois. 
La descente dans les rochers s'est chargée de la sciatique de Lucien !
Il est 17h30. Nous retrouvons une de nos voitures.

*****

Vendredi 14 août 1981 : Baraque Carrée - col entre les deux Donon.

Dans l'après-midi, départ avec Viviane, Ploum, Gilbert Ardouin et Katia pour une marche dans les Vosges jusqu'à dimanche. Nous laissons une voiture au Hohwald et rejoignons la Baraque Carrée. Ploum et moi emmenons la deuxième voiture à la M.F. Grossmann (pour des raisons de sécurité). Nous rejoignons nos compagnons qui nous attendent en forêt.

A 19h30, sacs à dos sur les épaules, Ploum, Gilbert Ardouin, Katia, Viviane et moi commençons à marcher tous les cinq sur le GR 53, depuis la Baraque Carrée, par un chemin à flanc de montagne sous forêt. Katia, marchant en petites chaussures (presque de ville !), se demande dans quel guêpier on a bien pu l'entraîner !
On arrive au col de l'Engin : jonction avec le GR 5 en provenance d'Abreschviller, sur la limite départementale entre Bas-Rhin et Moselle. Le GR 53 et le GR 5 ont un parcours commun jusqu'à Schirmeck*.
Promenade tranquille sur un chemin forestier. Nous arrivons au col entre les deux Donon (823 m), en pleine forêt, à 20h30.
Nous installons notre campement au col, où nous allons passer une agréable soirée en forêt. Ploum, Gilbert et  Katia dorment sous une tente, Viviane et moi sous l'autre.

* Cette randonnée, depuis le col de l'Engin jusqu'à Schirmeck, est identique à celle décrite dans le blog du GR 5, parce qu'effectuée en même temps au titre des deux GR.

Samedi 15 août 1981 : Col entre les deux Donon - Schirmeck.



Après avoir pris le petit déjeuner dans la nature et plié les tentes, nous partons vers 9h15. Il fait beau et le temps sera chaud.
On grimpe en lacets jusqu'au sommet du Donon (1009 m), antique centre culturel des Celtes : temple à Mercure, vestiges gallo-romains, table d'orientation, point de vue remarquable.
Visage insolite du Donon : un ancien musée en forme de temple grec, construit en 1869. Heureusement, la souscription publique à l'époque n'a réuni que 400 F. Autrement, la montagne aurait été défigurée par quelque chose de plus grandiose encore !
On redescend ensuite sur l’autre versant par un magnifique sentier dallé de grès. De grands blocs rocheux traînent dans la forêt. On passe à la Pierre des Druides (rocher à cuvettes) puis au col du Donon, important carrefour routier.
Du col, un petit sentier sur la droite descend vers la vallée. Il fait chaud et les sacs à dos sont lourds. On se rafraîchit à un ruisseau sur les tempes et les poignets. On contourne Grandfontaine ; après la route du col, on s'engage sur un sentier à flanc de colline qui, à travers la forêt, mène à Wackenbach-Haut. Nous mangeons dans la nature puis aboutissons sur la N392 que nous suivons jusqu'à Schirmeck, dans la vallée de la Bruche.
C'est ici la fin du GR 53.

Nous continuons notre parcours sur le GR 5, jusqu'au Hohwald où nous arriverons demain.



Fin de la première partie
vers le sud

Saverne - Schirmeck



GR 53. Deuxième partie

Deuxième partie
vers le nord



Saverne - Wissembourg


Samedi 27 juin 1981 : Saverne - Graufthal.

Départ de Saverne à 15h30 avec Viviane pour deux jours, sur la partie nord du GR 53.
La ville de Saverne a une position géographique et stratégique importante. Les Romains y créèrent une ville fortifiée qui commandait la route reliant la plaine rhénane au plateau lorrain.
Dans une végétation humide, sous un ciel instable, nous grimpons au « Saut du Prince Charles », célèbre rocher à légende : falaise de 15 mètres de haut dominant une antique voie romaine et abritant une grotte-sanctuaire, lieu de pèlerinage au Moyen Age. Au pied du rocher, de profondes ornières témoignent du passage de l'ancienne route du col, construite en 1524.
On arrive ensuite à une levée de terre, le fossé des Pandours, à hauteur du col de Saverne.
C'est un ensemble d'anciennes fortifications (fossé et remblai) qui, dès les temps préhistoriques, devaient barrer le passage du col. En 1744, les Pandours (Hongrois et Croates) cherchèrent à arrêter ici les troupes françaises venant de Lorraine.
A hauteur de la M.F. Kaltwiller, on franchit la RN4.
La montagne se resserre au col de Saverne où elle n'est large que de quatre kilomètres, formant le passage le plus étroit du massif vosgien, entre le plateau lorrain et la plaine d'Alsace.

On pénètre dans les Vosges du Nord.
Faiblement soulevées à la suite du plissement alpin, elles se composent de bancs de grès découpés par des vallées profondes, l'érosion sculptant des hauteurs de forme tabulaire ou arrondie, recouvertes de forêts. Les parties les plus résistantes des roches gréseuses ont formé des escarpements, sites de nombreux châteaux-forts.
Au lieu-dit la Colonne, le GR suit la petite route départementale qui franchit l'autoroute A4 et entre dans le parc naturel régional des Vosges du Nord.
Le GR emprunte la route forestière du Fallberg, site riche en vestiges archéologiques, puis descend par un sentier dans le vallon du hameau de Oberhof, entouré de belles prairies. A partir de là, il longe la Zinsel du Sud en un parcours humide et boueux jusqu'à Graufthal : village coincé au débouché des vallons du Rehbach et de la Zinsel, dominé par de magnifiques rochers de grès, célèbre pour ses maisons troglodytiques creusées dans les rochers.

Il fait chaud et lourd. Nous faisons une halte dans un restaurant et buvons deux bières chacun. Quand nous en sortons, nous avons les jambes coupées.
Le ciel devient menaçant. Il va être temps de s'arrêter. On quitte le village par une route forestière le long de nombreux étangs, et on grimpe dans la forêt. Nous observons pendant un moment un renard en chasse qui ne semble pas nous avoir vus. Nous débouchons à 19h30 dans une clairière, au moment où la pluie se met à tomber. Nous montons rapidement la tente dans l'herbe, aux abords des sapins.
Nous passons la soirée sous la tente. Dans la trouée forestière en face de nous, j'aperçois un chevreuil qui poursuit une chevrette. Tiens, eux aussi s'occupent sous la pluie !


Dimanche 28 juin 1981 : Graufthal - Kohlthalerhof.

Nous quittons la clairière à 8h30, traversons la route forestière du Weyerkopf. Le temps s'éclaircit. Nous descendons sous forêt par l'autre versant jusqu'à l'étang du Moulin de la Petite-Pierre, dans un beau vallon. Nous atteignons le hameau de Kohlthalerhof, au pied de La Petite-Pierre.

A partir de là, nous retournons à Saverne par d'autres sentiers (Oberhof - M.F. Wolfenhütte). Nous y arriverons à 14h30.

*****

Dimanche 12 juillet 1981 : Kohlthalerhof - Erckartswiller.

A 15h, Viviane, Gilbert Ardouin et moi commençons à marcher depuis Kohlthalerhof.
Nous grimpons en zigzag jusqu'au rocher du Corbeau et atteignons le replat des jardins de l'Altenburg (une ancienne redoute disparue). Nous arrivons à La Petite-Pierre,  passons à proximité du château bâti sur un éperon rocheux, et nous traversons le village.
Zone de contact entre Lorraine et Alsace, les Vosges du Nord offrent un habitat marqué à la fois par la maison vosgienne et celle de la plaine d'Alsace : influence lorraine mais cachet alsacien, avec l'utilisation abondante du grès rose.
Nous empruntons un sentier sous forêt qui nous mène à Erckartswiller. Franchissant un pont, nous entrons dans le village.

De là, nous retournons à notre point de départ, en passant par le parc animalier de La Petite-Pierre. Nous y sommes de retour à 19h.

*****

Samedi 18 juillet 1981 : Erckartswiller - Lichtenberg.

Retour à Erckartswiller dans l'après-midi avec Viviane, Jean-Lionel (10 ans), son copain Alain, ainsi que mon filleul Alain (13 ans).
Nous traversons le village en voiture et commençons à marcher à 16h30, à l'orée de la forêt, sur un chemin forestier au sable rouge (sol gréseux). Le temps, orageux, est de plus en plus lourd. Nous atteignons le rocher d'Ochsenstatt juste au moment où l'orage éclate. Une grotte providentielle, creusée à la base du rocher, nous permet de nous abriter. Nous allons y passer une heure. Les garçons en profitent pour y faire un feu.
Quand la pluie s'arrête, nous repartons au travers de larges étendues forestières. On arrive ainsi à la lisière de la forêt, longeant des prés. On débouche dans la vallée de la Moder sur le village de Wimmenau que l'on traverse entièrement.
Passant d'abord sous une hêtraie puis une sapinière où nous découvrons des vestiges de tranchées, nous poursuivons dans une belle forêt de conifères, composée de sapins, d'épicéas et de pins.
Jean-Lionel commence à râler. Les deux autres se foutent de lui.
Après le passage d’une crête, nous atteignons la M.F. Buxenberg, au bord d'une petite route. Un peu plus loin, après un terrain de football, nous parvenons à la lisière de la forêt, en bordure d'une prairie dominant Lichtenberg. Beau panorama sur le village et son château du XIIe siècle.

Il est 19h30. Nous installons  notre camp sur le pré, derrière un bosquet : une tente pour les trois garçons et une pour Viviane et moi. Nous pique-niquons devant les tentes et passons la soirée aux abords du camp.
Les garçons mettent du temps à s'endormir : rigolades et engueulades...


Dimanche 19 juillet 1981 : Lichtenberg.

Au matin, plaintes et jérémiades... Il a plu pendant la nuit : toile mouillée, humidité, froid, etc.
Mais c'est vite oublié ! On prend le petit déjeuner, on replie les tentes.
A 9h30, on emprunte le GR sur 500 mètres jusqu'à la route.

Puis on effectue notre marche de retour par Quatre-Vents et Sparsbach, jusqu'à Erckartswiller où nous arrivons à 16h.

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Mercredi 19 août 1981 : Lichtenberg - Mühlthal.

A 14h, après le travail, Viviane et moi sommes de retour sur le GR 53 pour une après-midi de marche.
Après Lichtenberg, le sentier rejoint le hameau de la Picardie et descend à travers prés puis sous forêt dans la vallée du Rothbach, au lieu-dit Pulverbrücke. Il remonte sur l'autre versant sous les flancs du Burgerwald, et longe une crête boisée le long de la limite départementale.
Franchissant cette limite, le GR pénètre dans le département de Moselle et dévale à flanc vers Mühlthal, hameau du vallon de la Zinsel du Nord. Passant entre deux étangs, il franchit ensuite la Zinsel et débouche sur la route départementale, à côté d'un restaurant.

De là, nous retournons à Lichtenberg par d'autres sentiers, passant par Eselsplatz et Rothbach. Nous y arrivons à 20h, après 6 heures de marche au total.

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Dimanche 20 septembre 1981 : Mühlthal - Niederbronn-les-Bains.

Départ à 9h10 avec Viviane et notre ami algérien Salim depuis Mühlthal.
Le sentier monte  en lacets et se poursuit jusqu'aux ruines du Grand Arnsbourg, château du XIIe siècle, accessible au moyen d'échelles. Nous continuons jusqu'au pied de l'Arnsberg. [Nous y avions déjà dormi sous tente, il y a trois mois, avec Caroline âgée de 4 ans.]
D'anciennes bornes datant de 1764 marquent la limite entre la Moselle et le Bas-Rhin. A nouveau en Alsace, nous rejoignons le col du Holdereck puis, par une route forestière, le col de l'Ungerthal. Le sentier grimpe alors vers une tour-belvédère sur le Wasenkoepfel (526 m), dominant Niederbronn-les-Bains. On descend ensuite vers le carrefour des Kreuztannen, col forestier. Un sentier de crête nous mène au Riesberg (481 m). On y découvre une multitude de cupules creusées dans les affleurements du socle naturel.
Nous atteignons les ruines du château de Wasenbourg (432 m). Formidable sentinelle adossée au Riesberg, cette place est mentionnée pour la première fois en 751. Construit sur l'emplacement d'un ancien castel romain en 1273, ce château offre de beaux vestiges architecturaux de pur style gothique. A droite de la ruine, un observatoire romain et les vestiges d'un temple dédié à Mercure. Point de vue sur Niederbronn.
Nous mangeons dans les ruines. Salim caracole sur les murets.
Nous descendons ensuite sous forêt et débouchons à l'entrée de Niederbronn-les-Bains.

Nous retournons ensuite, d'abord par des vergers puis sous forêt, jusqu'à notre point de départ où nous arrivons à 16h.

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Mardi 3 novembre 1981 : Niederbronn-les-Bains - Windstein.

Départ de Niederbronn à 15h avec Viviane, pour une marche d'après-midi.
Nous entrons sous forêt à la Source celtique, une source d'eau minérale qui jaillit dans un parc. Sous un ciel bas, nous montons dans une forêt de feuillus aux couleurs d'automne. Nous contournons la butte du Camp celtique, un sommet entouré d'une enceinte en pierres sèches. Nous atteignons après quelques lacets le Grand Wintersberg (581 m), point culminant des Vosges du Nord. On y trouve une tour du Club Vosgien de 25 mètres de hauteur : vue sur les Vosges, la plaine, la Forêt Noire et les montagnes du Palatinat.
On descend par plusieurs lacets au col de la Liese. Derrière le chalet du Club Vosgien, on y aperçoit l’effigie d'une femme grossièrement sculptée à même le rocher, qui date des temps préhistoriques. On contourne le Petit Wintersberg jusqu'au col du Borneberg. Le GR 53 nous mène ensuite dans la vallée aux abords de la M.F. de Buchwald. Par la route, on traverse le ruisseau du Schwarzbach jusqu'à Wineckerthal, hameau coincé au débouché d'un vallon. Le sentier contourne le Grand Grueneberg et gagne la vallée de Gruenenthal.
En face de nous, les ruines du château de Windstein.
Nous grimpons jusqu’à l'auberge située sur un petit col entre deux buttes : d'un côté les ruines du Nouveau Windstein ; de l'autre le Vieux Windstein, qui devait être à l'origine un retranchement celtique ou romain.
La nuit tombe lorsque nous y parvenons. Il est 18h. Nous faisons une halte à l'auberge.

Je repars en vélo (que nous avions amené en début d'après-midi) et recherche la voiture à Niederbronn.

*****

Dimanche 8 novembre 1981 : Windstein - bois de Niedersteinbach.

A 10h, Viviane, Lucien et moi démarrons de Windstein.
Légère brume annonçant une belle journée d'automne.
Nous longeons les ruines du Vieux Windstein pour atteindre un premier puis un second col et monter sur un plateau, le Lindenkopf. Nous traversons ce plateau forestier (512 m), descendons vers un col en contrebas du Petit Grueneberg. Un chemin à flanc nous conduit au col du Wineckerthal puis à celui du Wittschloessel (368 m), en contrebas de ruines (vestiges insignifiants entourés de hêtres et de chênes).
Le sentier descend ensuite entre deux monts, rejoint des prés, traverse le ruisseau du Steinbach et atteint le village d'Obersteinbach, situé sur la vieille route venant de Lorraine et se dirigeant vers le Rhin. Joli village des Vosges du Nord, dans un doux vallonnement au milieu de prairies et de vergers. Nombreuses fontaines. Maisons alsaciennes prédominantes et maisons lorraines.
Remontant à travers les prés de l'autre côté, nous traversons le vallon du Langenbach et montons vers les ruines du Wasigenstein (340 m) : ce sont deux châteaux du début du XIIIe siècle, séparés par un profond fossé et situés sur des rochers. Des chambres sont creusées dans le roc. Le haut du château est accessible par un formidable escalier raide taillé dans la pierre. Nous mangeons dans les ruines.

On rejoint la D190 au col de Wengelsbach ; puis on emprunte un sentier vers l'est conduisant au rocher du Zigeunerfels (rocher des Tziganes), accessible par des escaliers taillés dans les rochers et des échelles. La vue du haut du rocher est impressionnante.
Arrivés à un col, dans le bois de Niedersteinbach, nous quittons le GR.

Nous descendons par un autre sentier sous les pins jusqu'à Niedersteinbach, puis nous rejoignons Windstein par un autre itinéraire. Nous y arrivons à 16h30. Nous ramenons avec nous une vieille souche d'arbre, portée le dernier kilomètre par Viviane et Lucien. [Cette souche traînera, inutile, pendant des années dans le corridor de l'appartement de Schiltigheim.]

*****

Dimanche 6 décembre 1981 : Bois de Niedersteinbach - Petit-Wingen.

En fin de matinée, Viviane et moi, au départ de Niedersteinbach, montons par un sentier sous les pins jusqu'à un col où nous retrouvons le GR 53.

Le circuit est parsemé de ruines de châteaux-forts, à courte distance de la frontière allemande.
600 mètres après l'intersection, Viviane et moi atteignons le col du Hichtenbach. Nous contournons l'éperon sud du Falkenberg pour rejoindre le château de Froënsbourg (XIIIe siècle). Remarquable château des Vosges du Nord qui utilise le substrat rocheux pour se creuser des salles souterraines, il a été détruit comme tous les châteaux de la région pendant les guerres de Louis XIV par les troupes de Montclar vers 1680.
Le sentier longe ensuite le flanc sud du Fuchsberg puis descend en pente raide pour gagner l'amont de l'étang du Fleckenstein. Nous franchissons la Sauer qui alimente l'étang, et nous montons brusquement sous forêt. La neige commence à tomber en cours de trajet.
On arrive aux ruines du château du Fleckenstein : jadis un des plus hardis châteaux des Vosges, avec escaliers, puits, écuries, salles taillées dans le roc. Il est construit sur un formidable rocher de grès de 40 m de hauteur et 50 m de longueur, alors que la largeur ne dépasse pas 6 à 8 m. Du haut du rocher, la vue serait splendide, si ce n'était le temps. Nous nous arrêtons pour manger dans une salle en plein courant d'air : froid, neige et vent...

Le GR 53 descend ensuite à la maison forestière de Fleckenstein puis longe le flanc ouest des rochers du Langenfels pour monter au col du Hohenbourg (475 m) : jonction avec un itinéraire qui se dirige vers l'Allemagne proche (et les ruines de Hohenbourg et de Loewenstein).
Le sentier se poursuit vers l'est et, par une belle forêt d'essences variées, arrive au col du Litschhof, sur des routes forestières. Il passe au col du Schaufelshald et atteint les étangs du Heimbach. A partir de là, il continue dans le vallon sur un chemin forestier le long du ruisseau, débouche à la lisière de la forêt pour atteindre des prés enneigés.
Une route forestière nous mène au hameau de Petit-Wingen à 15h30.

Avec le vélo que nous avions amené ce matin, je vais rechercher la voiture à Niedersteinbach.

A mon retour à 16h30, nous buvons un pot dans une auberge à Petit-Wingen jusqu'à 17h. Lorsque nous voulons repartir, il est difficile de démarrer : la voiture glisse sur la route enneigée.

*****

Dimanche 14 février 1982 : Petit-Wingen - Wissembourg.

A 10h, Viviane et moi démarrons de Petit-Wingen pour nous diriger sous forêt vers la M.F. de Boersch et atteindre Climbach.
Le GR monte par un chemin forestier, en contrebas d'une route départementale, jusqu’au col du Pigeonnier (432 m), où s'élève un refuge du Club Vosgien. Situé sur le Hochwald, dernière chaîne vosgienne avant la plaine, il offre une vue sur l'Alsace du Nord d'un côté, sur le Palatinat de l'autre.   Depuis le col, on monte aux ruines de la tour de Scherhol (506 m), ancienne tour d'observation 1895-1944, incorporée dans les « lignes de Wissembourg » qui reliaient la montagne à Lauterbourg (le Rhin).                                                                                                                   
Par quelques lacets, on descend sur un chemin d'exploitation boueux jusqu'à une maison forestière qui marque la fin du massif vosgien.

A partir de là, un sentier longe la route. Il bifurque ensuite à travers champs et côtoie des vestiges de lignes fortifiées en 1708. Il mène au pied d'une antenne de télécommunications. Un chemin bordé de haies, d'arbres fruitiers et de vergers rejoint la départementale qui pénètre à Wissembourg, « porte de France », sur la Lauter, station de cure d'air et de repos à la sortie de la forêt vasgovienne.
Nous entrons en ville et atteignons le point de départ du GR 53, matérialisé par un portique en bois.

Nous quittons alors Wissembourg et rejoignons par d'autres sentiers le hameau de Petit-Wingen, où nous arrivons à 16h15.
                      


Fin du GR 53, sentier des Vosges du Nord.



GR 531


GR 531

Traversée des Vosges
de l’Outre-Forêt au Jura alsacien

(Soultz-sous-Forêts - Leymen)

-393 km-



Le sentier au rectangle bleu a été créé en 1942 par le Club Vosgien, conjointement avec le sentier au rectangle jaune.
Depuis 50 ans existait déjà le grand parcours vosgien balisé d'un rectangle rouge. Le besoin se manifesta de créer alors d'autres itinéraires au long cours.
Le rectangle bleu partait de Schönau, à l'extrémité méridionale du Palatinat (Allemagne) et se terminait à Masevaux. L’Alsace était alors annexée par l’Allemagne. Après 1945, l'origine du sentier fut déplacée à Soultz-sous-Forêts. Par la suite, il deviendra le GR 531.
Ce n'est qu'en 1987 que le parcours sera prolongé sur près de 50 km, de Masevaux jusqu'à Leymen, à la frontière suisse.

Le GR 531 parcourt, depuis l'Outre-Forêt, le massif vosgien du nord au sud, traverse le Sundgau et s'achève aux pieds du Jura alsacien.

J'ai parcouru ce GR comme sentier de proximité, de juillet 1982 à novembre 1985 jusqu'à Masevaux, puis d'avril 1992 à mai 1993 jusqu'à Leymen, en partie avec Viviane, parfois avec les enfants, quelquefois avec d'autres personnes ou, par moments, seul.


Dimanche 4 juillet 1982 : Soultz-sous-Forêts - auberge des 7 Fontaines.

Le GR 531 commence son parcours en Alsace du Nord, sur les collines d'Outre-Forêt (région septentrionale de l'Alsace au delà de la forêt de Haguenau).
A 10h30, départ de Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin), origine du GR 531, avec Viviane, notre ami Salim et Caroline (5 ans).
Le GR traverse l'agglomération, franchit un pont sur la rivière et grimpe vers la colline où se trouve le village de Retschwiller. Il se poursuit ensuite vers Memmelshoffen, sur une route bordée d'arbres fruitiers. On pénètre dans le parc naturel régional des Vosges du Nord.
C'est une chaude et lourde journée d'été. Nous marchons doucement  au bord de la route. Salim cueille des cerises pour Caroline. On traverse le village entièrement et on rejoint un vallon. Par un chemin carrossable, on atteint l'ancien moulin de la Wintzenmuehle.
On s'enfonce alors dans un vallon boisé en suivant le ruisseau du Wintzenbaechel. Petits ponceaux et passerelles agrémentent ce beau parcours au milieu des mousses. Le sentier remonte légèrement sur le plateau boisé, contourne la clairière d'un ancien moulin. Rejoignant le ruisseau, il le franchit sur une passerelle et atteint, au pied des Vosges du Nord, l'auberge des 7 Fontaines : beau corps de ferme alsacien, ancien moulin, qui était alimenté par sept sources captées.
Nous passons sous le porche du bâtiment, au milieu de la ferme. Il est 14h30.

Je retourne alors seul par le même chemin pour chercher la voiture à Soultz-sous-Forêts. Plus tard, je retrouve Viviane, Salim et Caroline qui ont continué à marcher au bord de la route par laquelle je reviens. Entre-temps une petite ondée a tout rafraîchi. Comme tout le monde a faim, nous mangeons non loin de là, dans la nature.

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Mercredi 7 juillet 1982 : Auberge des 7 Fontaines - Lembach.

L'après-midi, après le travail, promenade sur le GR 531 avec Viviane, Jean-Lionel (11 ans) et Alexia (7 ans).
Nous démarrons de l'auberge des 7 Fontaines à 14h30. Nous montons en un étroit sentier sur les pentes du Hochwald, premier dénivelé des Vosges du Nord. Coupant plusieurs fois la route, nous continuons dans les bruyères et de jeunes plantations de pins et de mélèzes. Nous arrivons à un promontoire où est juché le refuge du Club Vosgien du Soultzerkopf (480 m) : point de vue, table d'orientation.
Nous continuons d'abord en légère descente puis à flanc sur la pente nord-ouest du Langenberg. On arrive au milieu de coupes à blanc et on suit une voie empierrée. On traverse plusieurs chemins forestiers. Débouchant le long d'une pâture où paissent des chevaux, on descend alors brusquement dans les prés pour rejoindre la route qui pénètre à Lembach.
[Le GR 531 va suivre cette route, de concert avec le GR 532 (sentier au rectangle jaune), et traverser l'agglomération.]
Il est 17h45. Les enfants sont fatigués.

Je retourne alors en auto-stop par le col du Pfaffenschlick chercher la voiture.

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Samedi 10 juillet 1982 : Lembach - château de Froënsbourg.

A 16h, départ de Lembach avec Viviane, Alexia et Caroline, pour le week-end dans les Vosges du Nord, sur le GR 531.
Lembach, au contact du grès et du calcaire, présente un paysage particulier : des cultures dans les fonds de vallée, des vergers et prés sur les versants, des forêts sur les hauteurs gréseuses.
Chacun a son sac à dos, y compris les deux filles.
A la sortie du village, nous empruntons un sentier qui traverse la Sauer et qui va la longer vers l'amont. Sentier étroit dans les feuillages qui rejoint bientôt un large chemin forestier.

  

On s'arrête pour quelques cailloux dans la chaussure de Caroline. On débouche sur une route départementale, aux abords d'un camping ; puis, au bout d'un kilomètre, on s'engage dans un chemin sablonneux qui traverse le ruisseau du Steinbach. On arrive à la ferme du Froënsbourg.
De là, le sentier longe l'orée des bois puis gravit tout doucement les pentes du Fuchsberg. Les filles commencent à fatiguer. Les tenant par la main, je raconte des histoires de Sylvain et Sylvette et des quatre compères, pour maintenir l'attention et oublier la fatigue. L'histoire se passe bien sûr en forêt, et aux abords d'un château en ruine...
Le sentier se rétrécit, monte au fond du vallon et débouche dans le fossé du château de Froënsbourg. Nous y rencontrons le GR 53, sentier au rectangle rouge.
Nulle part en Europe on ne rencontre une concentration aussi dense de châteaux médiévaux que dans les Vosges du Nord. Le grès rose des Vosges leur fournit de remarquables plate-formes naturellement fortifiées. Le Froënsbourg est l'un de ceux-là. Remarquable château qui utilise le substrat rocheux pour se creuser des salles souterraines : alternance de couches gréseuses aux teintes roses et blondes dans le vert sombre des forêts des alentours.

Nous visitons les ruines du château, ce qui redonne du tonus aux filles. 


Puis, contournant le promontoire rocheux, nous redescendons au pied du château.
Dans une clairière, à la croisée de chemins, nous installons le campement. Deux tentes : les filles sous l'une, Viviane et moi sous l'autre. Pique-nique aux abords des tentes, dans la douceur d'une belle soirée d'été...



Dimanche 11 juillet 1982 : Château de Froënsbourg - col du Hohwart.

Les oiseaux me réveillent à l'aube, mais je me rendors. Les filles émergent plus tard, apparemment ravies de la nuit, Alexia tenant son inséparable Jacquot dans ses bras.

  
On déjeune, on lève le camp. Départ à 9h.
On descend dans le fond du vallon, parallèlement au sentier d'hier soir. Après une ferme, on traverse une nouvelle fois le Steinbach en sens inverse de la veille. On suit la route pendant 500 mètres, on s'engage dans un vallon puis on atteint la lisière d'une clairière  au-dessus de la M.F. de Katzenthal.
Nous empruntons alors dans les genêts un étroit sentier qui gravit en pente rude le versant du Petit Kraehberg.


On débouche alors vers midi à une croisée de chemins forestiers : le col du Hohwart (392 m). Des troncs d'arbre récemment sciés nous servent de table et de sièges pour manger.


A 13h, nous descendons par un chemin forestier sur le GR 532 (rectangle jaune) jusqu'au hameau de Disteldorf. Viviane et les filles fatiguées, m'y attendent. Je continue seul jusqu'à Lembach pour chercher la voiture.

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Dimanche 30 janvier 1983 : Col du Hohwart - Gunsthal.

A 10h, départ de Niedersteinbach avec Viviane. Nous rejoignons par le GR 532 le col du Hohwart, où l'on retrouve le GR 531.

Changement de décor. Le col du Hohwart est encore enneigé en partie.
Viviane et moi descendons dans une vallée au fond de la clairière de Trautbronn. Puis on remonte vers un col de forêt. Le sentier, bordé de vieilles bornes armoriées, dégringole alors en lacets jusqu'à un chemin menant au fond de la vallée du Soultzbach. On traverse le ruisseau et on emprunte un large chemin qui nous mène à proximité de la ferme Gunsthal. Par une petite montée, on arrive à un col où l'on rencontre des ouvrages de la ligne Maginot.
Nous mangeons dans un de ces blockhaus, protégés du froid et de la neige, mais pas de l'humidité !

Ensuite, par le col du Guensthal et d'autres sentiers, nous retournons à Niedersteinbach où nous arrivons à 15h.

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Samedi 19 février 1983 : Gunsthal - Niederbronn-les-Bains.

A 14h, marche avec Viviane depuis Jaegerthal. Nous rejoignons le col près de la ferme de Gunsthal.

Nous nous engageons dans un chemin creux qui descend vers le sud-ouest, traversant un bosquet de charmes noueux aux troncs torturés.
En fond de vallon, le sentier s’insinue dans une forêt d'épicéas puis atteint une clairière. Il passe à côté des fermes à colombages du Welschhof et débouche en limite de forêt sur la D53, au hameau de Jaegerthal : ruines des anciennes forges De Dietrich qui ne fonctionnent plus depuis 1890.
A la sortie du hameau, on franchit la digue d'un étang que nous longeons par la rive ouest. Nous gravissons alors les flancs de l'Ochsenkopf. Peu après nous débouchons sur l'ancienne M.F. du Hochscheid puis gagnons une ferme, gîte équestre, à côté de la villa Risack, grande bâtisse à colombages.
Par la route, puis par un étroit chemin à travers pâturages et buissons, nous débouchons sur les hauteurs de Niederbronn-les-Bains.

Nous n'entrons pas en ville ; mais nous rejoignons par Riesackerhof le hameau de Jaegerthal.
Arrivée à 18h.

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Dimanche 12 juin 1983 : Niederbronn-les-Bains - Ingwiller.

Le matin, j'emmène la voiture et reviens en vélo à Oberbronn.

Pas de marquage du GR entre Niederbronn et Oberbronn.
Viviane et moi retrouvons d'anciennes marques bleues à la sortie du village d'Oberbronn.
Adossé au massif, le village est remarquable par ses portes aux linteaux sculptés. Des plaques de grès coulissantes ferment les soupiraux des caves.
Le GR va maintenant suivre la bordure orientale des Vosges du Nord.
A 10h30, on s'engage dans la forêt pour rejoindre le vallon transversal de l'Ungerthal. Traversant des taillis de feuillus, on rejoint alors la lisière de la forêt et la vallée de la Zinsel du Nord qui débouche à 500 mètres du village de Zinswiller.
On monte en lisière du bois. On passe sous d'impressionnants robiniers faux-acacias puis, plus loin, sous de beaux châtaigniers. A la maison forestière Wissbach, on emprunte une route qui mène en descente à Offwiller, village-rue sous les flancs du Blohn, puis à Rothbach, au débouché du ruisseau du même nom.
On traverse le village et le vallon, puis le GR change de direction et pénètre dans le massif vosgien. Il serpente à flanc du Buchwalderkopf au-dessus de carrières de grès, jusqu'aux clairières du village de Lichtenberg. On contourne le château-forteresse et on redescend par le hameau de Champagne jusqu'au vallon du Bruderthal. A travers des plantations de pins douglas, le sentier atteint les restes d'une chapelle du XIVe siècle, arrive à un col sur les pentes du Seelberg puis descend vers une maison forestière, à nouveau en bordure du massif vosgien.
De là, une petite route goudronnée conduit à Ingwiller, au débouché de la vallée de la Moder. Nous retrouvons notre voiture à 17h au sortir de la forêt.

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